30 novembre 2013

Les timbres surchargés "EA"

Le 03 juillet 1962, le Général de Gaulle annonca dans une allocution télévisée l'indépendance de l'Algérie, à la suite du référendum d'autodétermination du 1er juillet prévu par les Accords d'Evian du 18 mars 1962.

Cet événement allait avoir, sur le plan postal, une répercussion très particulière. Les instructions télégraphiques n° 509 du 27 juin 1962, n° 515 du 30 juin 1962 et n° 518 du 02 juillet 1962 aboutirent, le lendemain du discours du président de la République française, à l'utilisation par les postes algériennes des timbres français surchargés "EA" (abréviation de "État Algérien").

Seuls les timbres-postes suivants furent autorisés à être surchargés : 10 c Moissonneuse, 25 c République (Marianne de Decaris), 30 c Hassi Messaoud, 45 c Gorges de Kerrata, 50 c Mosquée de Tlemcen et 1 F Médéa Portes de Lodi.



Enveloppe avec cachet du Trésorier du S.P. 87.875, timbre type Marianne de Decaris 25 c surchargé "EA" et oblitération mécanique SECAP d'un bureau postal militaire français en Algérie (09 octobre 1962)


Ce fut également le cas de 5 timbres-taxe type "Gerbe" (valeurs à 0,05 F, 0,10 F, 0,20 F, 0,50 F et 1 F). 

La surcharge devait être apposée à l'aide de timbres en caoutchouc, dont les lettres "EA" devaient avoir les dimensions suivantes : hauteur de 6 millimètres, largeur de 3 millimètres et épaisseur de 2 millimètres. Les timbres de grand format devaient porter deux fois la surcharge.

L'expression "REPUBLIQUE FRANCAISE", selon la disposition des divers timbres, devait être annulée par un trait noir, à l'aide d'une autre barrette en caoutchouc.

Dans les petites localités, la surcharge des timbres-poste pouvait, si nécessaire, être faite à la main au crayon à bille noir.

Dans les 15 départements d'Algérie, les surcharges revêtirent des formes et des couleurs très différentes selon les villes ou les régions. Elles étaient soit manuelles soit, plus rarement, typographiques.

Le retrait des timbres français surchargés "EA" fut effectif le 23 janvier 1963 mais les taxes françaises eurent cours jusqu'au 1er juillet 1963 , date d'émission de la première série des taxes algériennes.

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