25 mai 2013

Les agences postales des Sections administratives spécialisées (SAS)

L'extension rapide de l'insurrection déclenchée en novembre 1954 révélant l'état de sous-administration de l'Algérie, notamment dans les campagnes, amena le gouverneur général Jacques Soustelle à recourir à des officiers spécialisés dans les affaires algériennes.

Leur mission générale était "la reprise en main de la population" qui se trouvait en rupture de contact, afin de porter remède à "la carence presque généralisée du renseignement, tant politique qu'opérationnel".




Ces officiers, responsables de Sections administratives spécialisées (SAS), se voyaient confier des attributions identiques à celles des administrateurs civils, cependant qu'une hiérarchie était mise en place auprès des préfets et sous-préfets, avec des officiers supérieurs constituant des échelons de liaison de département ou d'arrondissement.

Les sections disposaient de personnel et d'une troupe de protection et de surveillance, le maghzen, composée de moghaznis recrutés sous contrat.

A la suite de la création des nouvelles communes et des élections municipales de 1959, les chefs de SAS furent notamment chargés de faciliter aux maires (exercice de leurs attributions, et de veiller à la mise en oeuvre du plan de développement économique et social des communes).

Elles ont été dissoutes en 1962 avec l'indépendance de l'Algérie.





Enveloppe avec cachets administratifs et timbre à date hexagonal de l'agence postale de la Section administrative spécialisée de Tirmitine (21 avril 1961)


Des agences postales furent créées aux sièges de ces Sections administratives spécialisées qui, pour des raisons d'éloignement ou d'insécurité, ne pouvaient être desservies par le bureau de postal civil ou militaire le plus proche.

En raison de la pénurie de personnels civils, la gestion des agences postales des SAS fut confiée à des militaires désignés par la Poste aux armées.

Il y eut environ 800 SAS et 230 furent dotées d'une agence postale, équipée de timbres à date hexagonaux pointillés portant le nom de la ville suivie de l'abréviation "SAS"



Enveloppe avec timbre à date hexagonal de l'agence postale de la Section administrative spécialisée de Makouda (19 mai 1960)



20 mai 2013

Les guichets annexes dans les unités militaires

Des guichets postaux annexes ont été ouverts, à partir des années 1990, dans différents régiments de l'armée de terre en métropole et ce à l'initiative du commandement local.

Les conditions de fonctionnement de ces guichets annexes font l'objet d'une convention entre La Poste et l'unité militaire. Selon cette convention, le bureau de poste local détache un ou plusieurs agents pour une ou deux journées ou demi-journées par semaine.

Ces guichets annexes, qui ne doivent pas être confondus avec les agences postales militaires, sont tenus par du personnel civil du bureau de poste le plus proche de l'unité militaire. Les différentes opérations postales et financières sont réalisées à ces guichets.



Enveloppe à en-tête du 2ème Régiment étranger de génie (2e REG) de la Légion étrangère de Saint-Christol avec timbre à date "84 ST CHRISTOL - 2EME REG. GA" du guichet annexe du régiment (19 novembre 2003)



Enveloppe avec oblitération mécanique SECAP illustrée "57 SARREBOURG GA" du guichet annexe du 1er Régiment d'infanterie (06 juin 1996)



12 mai 2013

L'annexe civile du bureau postal militaire 406 d'Haïphong

Créé le 25 février 1946 à Saïgon, le bureau postal militaire 406 s'installa le 12 mars 1946 à HAÏPHONG, l'une des trois villes du Việt Nam de plus d'un million d'habitants et l'un des trois grands ports du pays.

Il prenait en charge le courrier civil affranchi à l'aide de timbres-poste français, qui était oblitéré à l'aide d'un timbre à date "POSTE AUX ARMEES" à étoile.

Un rare timbre à date "B.P.M. 406 * ANNEXE DE HAIPHONG" fut mis en service de septembre 1946 à février 1947.



Enveloppe en franchise avec griffe horizontale et timbre à date "B.P.M. 406 * ANNEXE DE HAIPHONG" (24 janvier 1947)

11 mai 2013

Les affranchissements de fortune en numéraire de la Guerre d'Indochine (suite)

En compléments à nos précédents billets consacrés aux affranchissement de fortune en numéraire de la Guerre d'Indochine (billets 1 et 2), nous vous présentons ci-dessous la reproduction d'un nouveau document, qui est très rare.

Il s'agit d'une étiquette d'un colis postal d'un poids de 3 kg revêtue d'une étiquette ronéotypée d'affranchissement de fortune utilisée par le bureau postal militaire 405 qui fonctionna à Saïgon du 21 octobre 1945 au 26 juillet 1963.



Étiquette de colis postal avec affranchissement de fortune en numéraire (46 francs), cachet "P P", griffe horizontale "SECTEUR 405" et timbre à date à étoile du bureau postal militaire 405 (12 mars 1946)

03 mai 2013

Le vaguemestre de la Frégate anti-sous-marine (FASM) Georges LEYGUES


Nous vous présentons ci-dessous un intéressant petit article datant du 02 août 2011, tiré du site internet "Journaux de bord : Marine nationale".


COURRIER PRIORITAIRE !

Après la coopérative et la buanderie, poursuite de la découverte des services d’usage courant du village flottant Georges Leygues. Aujourd'hui, rencontre avec le second-maître Jean Paul T., vaguemestre du bord (ou agent postal).



Crédit : ASP Laura Nicolaizeau


Bien que le développement des systèmes de communication ait relégué le papier en seconde place, le courrier n’est pas mort pour autant. « Les manuscrits ne brûlent pas », comme l’écrivait le russe Boulgakov dans Le Maître et Margherite.

Cette citation est d’autant plus vraie pour le courrier personnel des marins. Lettres manuscrites et cartes postales, même vieilles de quelques semaines, restent appréciées par l’équipage. Malgré les mails et le téléphone, les courriers papiers font encore de la résistance … au plus grand bonheur des marins !



Crédit : ASP Laura Nicolaizeau


Depuis deux ans déjà, le SM Jean-Paul T. assure le rôle de vaguemestre. Il est chargé du ramassage et la distribution du courrier, ainsi que la vente de timbres à bord. Facteur, postier il est un peu tout à la fois.

Lorsque le bâtiment est en déploiement, Jean-Paul s’assure que le courrier nous précédera en escale. A l’arrivée en escale, « c’est 70 kg, en moyenne, de courrier arrivant, pour 10 à 15 kg de courrier qui quitteront le bord à la fin de l’escale », nous informe-t-il.

Entre courriers administratifs, colis ou lettres des familles pour les marins, Jean Paul a de quoi s’occuper les premiers heures d’escale !

« C’est Noël à chaque fois ! » plaisante-t-il, avant de reprendre plus sérieusement : « les marins attendent avec impatience les lettres et les colis de leurs familles. Ils sont toujours ravis de recevoir quelque chose : c’est un petit bout de France qui vient à eux ».

Pour Jean-Paul, avec un « petit rien », comme il le dit, il fait plaisir aux marins du bord, et contribue au maintien du bon moral au sein de l’équipage, et c’est ce qui lui plait dans sa fonction de vaguemestre.

Il se souvient encore de cette enveloppe reçue par un père du bord, décorée de dessin et de petits mots pour la fête des pères. « C’est touchant comme courrier et on est sûr de faire un heureux à bord ! ».



Crédit : ASP Laura Nicolaizeau


Aujourd'hui déployé en mission Harmattan, la frégate continue à recevoir du courrier. Jean-Paul profite des ravitaillements des pétroliers ravitailleurs.

« C’est important de recevoir du courrier en mission opérationnelle pour le travail mais surtout pour le moral de l’équipage » souligne-t-il.

A bord, Jean-Paul est également notre METOC (météorologiste-océanographe). Oiseau de mauvais augure pour certains, ou faiseur de beau temps, notre Monsieur Météo est chargé d’établir les prévisions météos.

Il présente deux fois par jour au commandant les prévisions météo de la journée et des prochains jours. Spécialiste des questions météorologiques, il est également l’océanographe du bord. Une fonction pleinement impliquée dans les opérations.

A ce titre, il est chargé d’établir les bathymétries, ces courbes qui déterminent la propagation du son dans l’eau. Un élément indispensable pour la lutte anti-sous-marine.


01 mai 2013

Le vaguemestre de la Frégate légère furtive (FLF) SURCOUF

Nous vous reproduisons ci-dessous un intéressant petit article datant du 27 janvier 2010 extrait du site internet "Journaux de bord : Marine nationale".




Comme à chaque retour à terre, c’est l’effervescence dans le navire. Les commis reçoivent leurs vivres, le navire s’approvisionne en gazole, en eau… et en sacs postaux. Pas moins de 24 sacs pour l’escale de Mombasa, contenant colis et lettres envoyés par les familles, à destination des membres de l’équipage.

Il faut dire que ce nombre au dessus de la moyenne est dû en partie aux cadeaux de Noël qui ont été envoyés à Mombasa en prévision de l’escale du 11 Janvier, qui s’est finalement faite à Djibouti pour des raisons opérationnelles.

Résultat, plus de 300 kilos de courrier nous ont attendus au Kenya pendant plusieurs semaines, auxquels se sont ajoutées les lettres envoyées pour la deuxième escale.




Le courrier, envoyé de France peut ainsi parcourir des milliers de kilomètres et suivre avec plus ou moins de bonheur la route d’un navire. Toujours est il que le SM Dib, le vaguemestre du bord a eu beaucoup de travail ce jour ci.

En effet, il lui incombe de distribuer à qui de droit tous ces colis, très très attendus par l’équipage, qui reçoit là cadeaux et surtout nouvelles des proches. Le SM Dib confie qu’ « avant même l’escale des marins me demandent s’ils vont recevoir du courrier ».

Même si le téléphone et Internet permettent d’échanger très rapidement sur de longues distances, un pli fait toujours bien plus plaisir qu’un e-mail, et lorsque que le vaguemestre voit arriver les marins pour recevoir leur courrier, c’est « avec une petite lueur dans les yeux ».

Mais tout cela ne se fait pas sans labeur : il faut préparer l’arrivée des dépêches, se mettre en contact avec la poste militaire, réceptionner les sacs, vérifier leur intégrité, les ouvrir, et enfin trier toutes les lettres. Autant dire qu’il ne faut pas moins d’une journée entière au SM Dib pour venir à bout de cette montagne et remettre à des marins pressés et impatients leurs colis.

On y trouve parfois d’odorante surprise lorsque « certaines familles ont la bonne idée d’envoyer de la nourriture dans un pays chaud… », qui ne manquent pas de pourrir et d’exhaler de suaves senteurs.




160 marins qui reçoivent du courrier génèrent ainsi une forte quantité de lettres. Mais ils écrivent aussi : plus de 25 kilos pour la seule dernière escale !

Il existe donc à bord un système de boites aux lettres, et une véritable agence postale : le vaguemestre y vend plus de 1000 timbres par an lorsque le navire est en mission, enveloppes, etc…afin d’assurer la réciprocité des échanges.

Et c’est ainsi que chacun peut recevoir sa lettre, ses cadeaux, et des vœux de bonne année avec un très léger retard, à plus de 6000 km de nos foyers …