Contrairement aux marins de surface qui ont souvent accès à Internet et au téléphone, sauf restrictions, les sous-mariniers des SNLE (Sous-marins Nucléaires Lanceurs d'Engins) en patrouille ne possèdent qu'un lien avec leurs proches : les familigrammes ou "familis".
Trois fois par mois environ, lors d'une reprise de contact radio, le sous-marin récupère ces courriels d'une page et sans pièce jointe – sauf photo de naissance, seule exception, que les familles envoient à une seule adresse électronique pour le bateau.
Même système pour répondre, dans l'autre sens.
Les messages reçus sont imprimés et remis individuellement à chacun.
Seule entorse à cette correspondance privée et qui est connue des familles : le commandant en second lit d'abord tous les "familis" pour éviter tout choc émotif en cas de mauvaise nouvelle (décès, maladie, annonce de rupture, etc.), voire pour en différer l'annonce, et les propos très intimes ne sont pas transmis.
Le destinataire ne peut recevoir qu'un seul message par semaine, qui ne doit pas contenir plus de 20 mots, signature comprise (40 mots depuis l’année 2002). En cas de dépassement, le message est abrégé ou peut être retourné.
L'emploi du style télégraphique est conseillé et tout style ou abréviation inconnu ou non explicité est obligatoirement censuré. Les familigrammes doivent être rédigés en français, en langage clair et compréhensible, non seulement pour le correspondant mais aussi pour toute autre personne amenée à les lire avant leur transmission.
Ils ne doivent par ailleurs comporter aucune indication ou allusion directe ou indirecte sur les mouvements des SNLE et aucune information à caractère général diffusé par la presse ou les moyens audiovisuels, ces dernières étant transmises au sous-marin par ailleurs.
Familigramme envoyé à un quartier-maître sur le sous-marins nucléaire
lanceur d'engins "LE REDOUTABLE" en plongée (27 janvier 1982)


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